Dimanche 15 avril 2012
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Mon ami Jean-Marc m'a fait remarquer une fois que je confondais "apporter" et "amener". J'avais dû dire quelque chose
comme "j'ai amené une bouteille". On n'amène pas une bouteille, on l'apporte. "Amener" est réservé à une personne. Même distinction entre emmener et emporter, ou bien ramener et rapporter. Merci,
Jean-Marc, pour cette mise au point.
Mais j'ai remarqué moi aussi des fautes récurrentes. Par exemple, les gens confondent dénoter et détonner. "Une
mesure qui dénote dans ce pays ultra-libéral". Le journaliste de France 3 qui parlait ainsi à propos des Etats-Unis voulait dire bien sûr que cette mesure détonnait.Une
telle confusion dénote chez nos présentateurs de télé une certaine négligence, n'est-il pas vrai ?
Et ce n'est pas le seul exemple. Toujours aux infos de France 3, j'ai relevé vers la même période "il portait une
bombe qu'il a faite exploser". Non : qu'il a fait exploser. Le verbe faire dans ce cas ne s'accorde pas avec la bombe. Ne me demandez pas pourquoi, mais c'est ainsi.
Après France 3, tapons un peu sur France culture, qui n'est pas en reste. On pouvait y apprendre il y a quelques mois
que je ne sais plus qui avait "compris que le gouvernement légitimisait les fermetures de raffineries" (infos 28/09/11). "Légitimait" aurait suffi. Quelque temps après,
une chanteuse invitée dans l'émission La Grande table évoquait toutes les choses "possibles et inimaginables". Ce n'est pas la première fois que je note cette déformation de l'expression
"possibles et imaginables".
Les professionnels de la radio et de la télé feraient donc bien de soigner un peu plus leur langage, mais nous aussi,
dans la vie de tous les jours, nous faisons des erreurs. par exemple lorsque nous disons "rabattre les oreilles" au lieu de "rebattre les oreilles". En effet, nos oreilles ne sont pas "rabattues"
comme celles des épagneuls. Elles sont "rebattues", c'est-à-dire battues encore et encore, à la manière d'un tapis, à force d'entendre toujours les mêmes choses. Et je terminerai par cette
citation d'Alexandre Dumas, que j'ai trouvée dans le TLF :
"Monsieur l'inspecteur, continua le gouverneur, je puis vous raconter cette histoire aussi bien que l'abbé, car
il y a quatre ou cinq ans que j'en ai les oreilles rebattues" (Le Comte de
Monte-Cristo)